03/07/2015

pacte d'excellence : on est morts de rire...

Les canulars ne manquent pas dans l'info en ce début juillet. Il y avait déjà la brillante idée du Parlement Wallon d'instaurer la démocratie et maintenant, voila que Milquet viens de parler d'excellence à l'école.

Soit dit en passant, pour donner leurs chances au moins doués, donc, sans doute, une fois de plus pour niveler par le bas !

Nous donnons la parole à Madame Barbara Dufour, piquée sur les réactions du Soir qui fait savoir sa façon de penser sur la manière dont " les acteurs de terrain" ont été consultés. Vous allez voir, c'est du beau f..tage de gueule:

Il est faux de dire que la ministre a donné la parole au terrain, c'est faux et archi faux. Je suis enseignante, j'ai demandé expressément, à plusieurs reprises depuis le lancement du Pacte d'excellence, de faire partie d'un groupe de décision ou de réflexion. J'ai rencontré un responsable du Pacte et échangé avec un responsable d'un des groupes de travail, je n'ai reçu aucune invitation à participer. Aucun enseignant de terrain n'était présent dans les groupes de travail qui ont remis leur rapport intermédiaire. J'ai répondu au questionnaire mis en ligne fin janvier sur le site du Pacte, questionnaire mal conçu tant sur le fond (questions posées pour orienter les réponses) que sur l'aspect technique (j'ai pu répondre plusieurs fois au même questionnaire par exemple). Beaucoup d'enseignants n'étaient même pas au courant de l'existence de ce questionnaire, aucun invitation systématique à y répondre n'a été lancée. Ce questionnaire pouvait aussi être rempli par des non enseignants. Combien d'enseignants ont-ils vraiment donné leur avis? L'équipe du Pacte a-t-elle fait la différence entre les avis des enseignants et des autres? En plus le traitement des réponses aux questionnaires (4 au total) est absolument opaque. Et d'ailleurs, les questionnaires sont toujours en ligne et donc, la consultation est toujours officiellement en cours... Pourquoi Madame Milquet a-t-elle attendu début juillet pour présenter les résultats, sachant que les écoles sont désertées? Plus fort, notre école a reçu ce 2 juillet une invitation, à destination des profs, à s'inscrire à des groupes de consultation prévu fin août, inscription demandée avant le 15 juillet... de très belles affiches à afficher dans la salle des profs... vide bien entendu en ce début juillet... de qui se moque-t-on? De nouveaux référentiels de compétences, base des cours à donner dans plusieurs branches, ont été publiés au Moniteur en janvier alors que la réflexion avait à peine commencé... De deux choses l'une. Ou ces nouveaux référentiels sont issus de politiques antérieures qui ont montré toutes leurs limites et nous sommes donc en droit de nous poser la question de leur pertinence. Ou ces nouveaux référentiels tiennent compte des nouvelles orientations et nous sommes en droit de nous demander si tout n'était pas ficelé d'avance. J'ai d'ailleurs présenté une analyse critique du nouveau référentiel de sciences au Conseil wallon de la Politique scientifique (voir www.meta-educ.be). Madame Delvaux... avant d'écrire quelque chose, vérifiez si ce que vous dites est correct. Madame Milquet, vous n'avez pas entendu le terrain. Vous prétendez rendre l'école aux enseignants et tout ce que vous faites va dans le sens contraire.
 
Quant à nous, nous réclamons un certain nombre de choses simples:
 
Rétablir l'autorité, y compris et surtout vis à vis des parents: qu'on leur supprime les armes des recours et des changements d'école ( de réseau ). Ils doivent savoir, et leurs gamins aussi qu'ils n'ont qu'une seule option: bosser ! Avant de parler des droits de l'enfant, parlons leur de leur premier devoir; consacrer toute leur énergie à leur développement pour ne pas devenir une charge pour la collectivité.
 
Rétablir l'autorité et la sécurité dans et autour des écoles techniques. Sortir avec un A2 chauffage offre des perspectives à des élèves " plus intéressés par le concret ", mais les parents sensés n'osent actuellement plus y envoyer leurs enfants. Il faut que ça cesse !
 
L'idée des " socles de compétences " ne serait pas une connerie si elle était bien comprise. Apprendre des choses, établir un programme, des matières n'est pas contradictoire: notamment ça oblige a étudier pour ne pas être pété ! Des psychologues cognitifs ont d'ailleurs signalé récemment que cela participait à l'apprentissage général .
 
Désolé, MM les démagogues: nous avons effectivement besoin d'un enseignement à 2 vitesses. Quand votre moteur n'est pas assez puissant, vous devez embrayer la 1ere avant la seconde et ainsi de suite avant d'atteindre la vitesse qui permet de rouler sur l'autoroute. La quantité impressionnante d'enfants  de primo-arrivants ou issus de " milieux socio culturels défavorisés " rentabiliserait un enseignement plus adapté: classes plus petites, maîtres spécialement formés pour arriver à une exigence simple: comprendre vraiment un texte , en rédiger un ( sans fautes )
 
Ah oui: et des livres.... ( ras le bol d'attendre les versions cfwb: les français en font d'excellents ! )
 
Et aussi des cahiers: on apprend beaucoup mieux quand on a écrit soi même dans le cahier. paradoxalement, le temps passé à y écrire accélère l'assimilation.

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